Malgré les mises en garde de sa mère, une femme a la chance de rentrer « indemne » d’un pays en guerre. L’héritage d’une violence, pourtant, passe dans le corps sans filiation.Ce texte est né d’une conviction et d’une fêlure. La convic¬tion que l’on ne peut échapper à son corps politique. La fêlure d’un corps qui porte en lui la trace d’une violence invi¬sible. Mais l’écriture m’a menée ailleurs, c’est sa force. Dans un flux narratif, j’ai tissé des voix au féminin qui pourraient tenir ce ou ces corps, en laissant la poésie prendre le relais lorsque « comprendre » se perd. J’ai été toucher la possibilité de la fiction.Les cailloux, en motif de fêlure, se propagent de corps en corps, de femme en femme, d’une terre à l’autre, comme un héritage inexorable du monde. Il sont fragments de pierre, vérité partielle, mémoire d’un corps ou d’un territoire en guerre.Mais ils deviennent aussi le lien, à l’image d’une sororité qui s’étend au-delà d’une seule famille.J’ai eu recours au langage pour réinterpréter des rituels reli¬gieux, au prisme des violences commises au nom d’un amour violent porté à la terre et aux femmes. En négatif, la place d’un autre désir apparaît par fenêtres de respiration. J’avais envie de coincer une petite pierre dans la binarité des camps de pensée qui nous scindent.